Le Dr Julien Giraudo-Guglielmi, la Pr Christelle Nguyen et les chercheuses et chercheurs de ComPaRe Lombalgie chronique ont mené une étude sur l’adhésion aux exercices thérapeutiques à domicile chez les adultes atteints de lombalgie chronique non spécifique.
Cette étude a été publiée dans l’European Spine Journal.
Pourquoi avoir mené cette étude ?
Les exercices thérapeutiques font partie du traitement de base de la lombalgie chronique non spécifique. Ils sont d’abord appris lors de séances supervisées par un professionnel de santé, puis pratiqués de façon autonome à domicile. L’adhésion à ces exercices est essentielle à leur efficacité à long terme. Pourtant, il n’existe pas de mesure standardisée de l’adhésion, et le rôle de la supervision reste mal connu.
Cette étude visait à mesurer l’adhésion aux exercices à domicile, à évaluer l’influence de la supervision et à identifier les facteurs associés à l’adhésion.
Comment avons-nous procédé ?
Nous avons mené une étude transversale auprès des participantes et participants de la cohorte ComPaRe Lombalgie chronique ayant reçu une recommandation ou une prescription d’exercices et ayant commencé à les pratiquer. Un questionnaire en ligne de 21 questions a été proposé entre le 13 décembre 2023 et le 10 janvier 2024. Il était complété par deux échelles : l’EARS (Exercise Adherence Rating Scale), qui mesure l’adhésion, et l’ETBQ (Exercise Therapy Burden Questionnaire), qui mesure le fardeau lié aux exercices.
Les personnes étaient considérées comme adhérentes si elles obtenaient un score ≥ 3/4 au premier item de l’EARS (« Je fais mes exercices aussi souvent que prescrit »). Les modalités de supervision ont été comparées entre personnes adhérentes et non adhérentes. Un modèle de régression logistique a ensuite permis d’identifier les facteurs associés à l’adhésion.
Quels sont les résultats ?
Au total, 491 participant·es ont été inclus·es. L’âge moyen était de 54,1 ans et 75 % étaient des femmes. L’adhésion aux exercices à domicile était de 45 % (223 personnes).
Au total, 83 % des participant·es avaient bénéficié de séances supervisées, le plus souvent avec un kinésithérapeute (79 %). Seul le nombre de séances supervisées au cours des 6 derniers mois était plus élevé chez les personnes adhérentes (p < 0,01). Les autres modalités de supervision ne différaient pas entre les deux groupes.
Trois facteurs étaient associés à une meilleure adhésion : un niveau d’activité physique plus élevé avant l’apparition de la lombalgie (OR 2,66 ; IC95 % 1,77–4,00), une intensité de douleur plus faible (OR 1,01 ; IC95 % 1,00–1,02) et un fardeau des exercices plus faible (OR 0,95 ; IC95 % 0,94–0,96).
En conclusion
Moins de la moitié des adultes atteints de lombalgie chronique non spécifique suivent leurs exercices à domicile comme prescrit. Une activité physique régulière avant la lombalgie, une douleur moins intense et des exercices perçus comme moins contraignants sont associés à une meilleure adhésion. L’étude n’a pas montré d’influence significative de la supervision sur l’adhésion.
Ces résultats doivent être interprétés avec prudence : les participant·es de la cohorte ne sont pas représentatifs de l’ensemble des adultes atteints de lombalgie chronique en France, et il n’existe pas encore de seuil validé pour l’EARS.
Pourquoi c’est important pour vous :
Si vous vivez avec une lombalgie chronique, les exercices à domicile font partie de votre prise en charge. Cette étude montre que des exercices perçus comme moins contraignants sont associés à une meilleure régularité. Ces résultats pourraient aider les professionnels à mieux adapter les programmes d’exercices.
Merci à toutes et à tous pour votre participation !
Retrouvez l’article complet en anglais : https://doi.org/10.1007/s00586-026-10413-5





